Rupa Manel Silva, une banquière pour les femmes sri-lankaises

Un nouveau rapport du Bureau International du Travail indique que l'émancipation économique des femmes est cruciale à l'égalité hommes-femmes sur le marché du travail et à l'accès au travail décent pour tous. Au Sri-Lanka, Rupa Manel Silva montre la voie grâce à sa banque gérée par des femmes pour des femmes (en anglais).

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Date de parution 2 avril 2008
Taille/durée 00:02:37 (8 MB)

Transcription:

Rupa Manel Silva marche en direction de la banque pour femmes qu’elle a fondée il y a une vingtaine d’années. Cette femme issue d’une famille pauvre avait compris que, pour les femmes comme elle, la seule façon d’avancer dans la vie est de se créer ses propres moyens d’action.

Après des débuts modestes, la banque créée par Rupa Manel Silva a pris de l’ampleur et compte désormais 60 000 membres actifs. Ses réserves s’élèvent à plus de huit millions de dollars. Le succès de cette banque est dû à son mode de fonctionnement de type associatif: des groupes de cinq à quinze femmes prennent leurs propres décisions, notamment en ce qui concerne l’octroi des prêts, et sont responsables de leurs propres fonds.

Rupa Manel Silva, présidente de la Banque des femmes

L’autonomisation des femmes représente un formidable progrès. Un des objectifs de notre banque est d’aider de façon concrète les femmes qui ont été marginalisées. Cela leur permet d’acquérir une certaine indépendance économique et sociale et, dans la mesure du possible, d’avoir une vie plus gratifiante.

Indrani Hemelatha et son mari ont perdu leur maison et tous leurs biens lors du tsunami qui a dévasté les côtes srilankaises en décembre 2004.

Face à un avenir incertain, Indrani a obtenu un prêt de la Banque des femmes et s’est lancée avec son mari dans la confection et la vente de T-shirts.

Indrani Hemalatha, membre de la Banque des femmes

Grâce à l’aide de la Banque des femmes, notre affaire a prospéré et nous employons maintenant six personnes.

Dans tout le pays, des milliers de petits groupes de femmes prennent désormais en charge leur avenir. Avant la création de cette banque, il était pratiquement impossible pour ces femmes d’obtenir un prêt, à cause d’obstacles sociaux et des taux d’intérêt exorbitants pratiqués par les usuriers. L’initiative de Rupa Manel Silva leur a changé la vie.

Ghawathi Mayage, membre de la Banque des femmes

Je suis membre de cette banque depuis plusieurs années. Ma fille va se marier et j’ai besoin d’argent pour la noce. Je suis vraiment soulagée de pouvoir compter sur la Banque des femmes, sinon j’aurais dû m’adresser à un usurier et payer des intérêts très élevés.

Un nouveau rapport du Bureau international du Travail montre que l’autonomisation économique des femmes est cruciale pour atteindre l’égalité hommes-femmes en matière de participation au marché du travail et d’accès à un emploi décent.

Tine Staermose, Directrice du Bureau de l’OIT au Sri Lanka

Il est très encourageant de voir une femme comme Rupa Manel Silva entreprendre un projet comme celui-ci, parce que les femmes se heurtent à tellement de plafonds de verre dans une société comme celle du Sri Lanka. On peut dire qu’elle est une véritable championne de l’autonomisation des femmes au Sri Lanka.